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Chemises, pantalons et jupons

Chemises - historique et caractéristiques

 

Après la disparition à la fin du moyen-âge de la tradition antique des thermes et bains publics, on tente de résoudre le problème de l'hygiène à l'aide de lingerie conçue seulement comme une protection entre les corps et les tissus souvent précieux des vêtements. C'est à la chemise qu'est attribuée cette fonction tant pour l'homme que pour la femme. Descendant jusqu'aux pieds pour les classes les plus pauvres, elle arrive en dessous de la taille pour celles de condition plus élevée.

Dans l'Europe médiévale, la chemise d'homme et de femme est en forme de T, avec des manches longues à la façon des anciennes tuniques coptes, tissées d'une seule pièce, alors que dès le XI° et XII° siècles, les manches taillées séparément sont cousues au corps de la chemise, sans emmanchures apparentes. Etant donné leur extrême simplicité d'exécution, les chemises étaient confectionnées à la maison. On n'en trouvait qu'un petit nombre même dans les trousseaux les plus riches. La coupe était la même, seuls les tissus différaient.

Dès la seconde moitié du XV° siècle, la chemise joue un rôle plus important, elle se montre dans les grands décolletés carrés et apparait au bas de manches. Les parties visibles sont décorées de broderies et autres ouvrages à l'aiguille ou au crochet. Entre 1520 et 1530, la partie supérieure apparaît dans l'échancure des robes et des pourpoints, les manchettes dépassent les manches, la décoration atteint là, son apogée. Les broderies sont en soie dans des tons contrastants souvent avec des fils d'or. Le soin apportée au repassage des parties visibles fait naître de nouvelles techniques plus raffinées, le tissu finement plissé joue un rôle ornemental. L'ampleur devient telle qu'elle nécessite une nouvelle coupe. La forme ancienne en T persiste mais il devient indispensable d'y adjoindre sur les côtés, deux hauteurs de tissu supplémentaires. La manche taillée dans toute la hauteur est fixée le long des deux côtés verticaux du décolleté et un renfort rectangulaire est placé sous l'aisselle pour permettre les mouvements du bras.

La forme reste identique pendant tout le XVIII° siècle. Au cours du XIX° siècle, les progrès de l'hygiène et le port généralisé de la chemise (avec emmanchures et poignets) entrainent la disparition de certains détails comme le jabot (pour les hommes) et la blancheur de la toile. La trop grande pruderie de ce siècle concernant la lingerie féminine ensevelit la chemise sous un monceau de vêtements et sous vêtements...

 

 

La chemise dans le costume provençal

 

La chemise est le premier vêtement indispensable dans le costume provençal. Facile d'entretien, elle absorbe la transpiration, évitant ainsi un nettoyage trop fréquent des corsages, robes, casaquins, et caracos. Elle sert d'ornement à leur décolleté (bordé de dentelle plus ou moins fine). Elle est réalisée en toile de chanvre ou plus fine, en lin, selon qu'elle doit être portée avec un costume de paysanne, de travail ou d'un costume "habillé".

Autrefois, comme le costume, elle était conditionnée par la classe sociale de la personne qui la portait.

 

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Une des plus anciennes, la chemise à bordure "à listo" est ajustée autour de son décolleté presque en carré, d'une bande de toile ou de coton finement ourlée formant un volant qui dépasse de 4 à 6 cm le haut du corsage. Les manches vont presque jusqu'au poignet.

La chemise au décolleté trapèze arrive un peu plus tard. Elle est d'aspect aussi rude que la chemise "à listo". Les manches ont à peine raccourci. La coulisse fait son apparition autour de l'encolure bordée par une dentelle assez épaisse en fil de lin réalisée au crochet.

 

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Ensuite la chemise au grand décolleté ovale s'installe et son encolure s'agrémente de festons brodés main à même l'étoffe ou d'une fine dentelle crochetée en fil de lin. Une coulise permet de resserrer l'encolure l'hiver et de dégager le cou en été.

Ses manches maintiennent une longeur de 30 cm puis se raccourcissent rapidement vers la fin du XIX° siècle alors que le port du costume s'éteint peu à peu...

 

 

Il est aisé de comprendre que la chemise à manches très courtes de 20 ou 30 cm, trouvée encore de nos jours dans quelque armoire familiale, chez un antiquaire ou à la brocante, ne peut être utilisée que pour servir d'ornement au décolleté d'une robe ou de corsage avec manches. Cette chemise, de part son époque, n'a pas sa place dans un costume de travail ou dans celui de la femme de la campagne qui aurait eu "honte", en leur temps, de montrer ainsi la partie supérieure de leurs bras.

Elle perd complètement les manches à la fin de son règne, début du XX° siècle, s'orne de trou-trou et le pantalon de dessous fait son apparition...

 

Le pantalon - historique et caractéristiques

Un bas relief sumérien datant de 3000 ans avant Jésus-Christ, exposé au Louvre, montre des femmes portant l'une, un pagne, l'autre une sorte de slip. En Egypte, sous le règne de Ramsès, le même type de culotte était utilisée par les Egyptiennes.

Du III° sècle avant J.C et jusqu'à la fin de l'Empire, les Romaines portaient le "zona" et le "cestus", sortes de gaines entourant les hanches. Au IV° siècle après J.C., elles portent une culotte extrêmement courte, proche du slip, appelée "subligatus" ou "sublimaculum" qu'on peut voir sur une mosaïque de la Villa Casale en Sicile. Quelques Gallo-Romaines adoptèrent une culotte s'arrêtant aux genoux. Elles avaient simplifié les dessous romains en ne gardant qu'un vêtement de dessus, le "bliaud", tunique descendant jusqu'aux pieds et dessous la "chainse" (chemise). Ces deux vêtements se retrouvent au Moyen-Age. L'usage des braies sous la tunique se généralise peu à peu.

Avec l'introduction en france, par Catherine de Médicis, des vertugadins venant d'Italie, les femmes furent confrontés à un choix : renoncer aux verturgadins ou cacher leurs charmes par un caleçon. Celui-ci fut adopté, mentionné  dans l'Histoire du Costume en France spis Charles IX. A cette époque, on trouve "les caleçons ouverts pour dames faciles et fermés pour dames vertueuses" ! Mais le port du caleçon n'est pas génaralisé.

Sous le règne de Louis XIV les dames ne portent le caleçon que pour monter à cheval. Il se démocratise au début du XVII° siècle, le tissus en deviennent plus précieux. Il semble disparaître au début du XVIII° siècle avec l'arrivée des panier et des nombreux jupons pour combler le vide entre le corps et eux. Il réapparaît à la fin de ce siècle et l'usage commence à se répandre en France, davantage dans les campagnes que dans les villes. Sous l'empire  en 1807, les mamans anglaises imposèrent à leurs fillettes un pantalon long pour pratiquer la gymnastique. A la cour de Napoléon, l'Impératrice portait un pantalon pour monter à cheval. En 1824, le pantalon de percale est à la mode pour les enfants, les jeunes filles et même les dames. Sous le second Empire, fermé, ouverts, longs ou courts, les pantalons commencent à intéresser les Françaises.

 

Le pantalon dans le costume provençal

D'abord, simple caleçon long en toile ou en soie, au XIX° siècle, il s'affine et s'orne dans le bas de broderies ou de dentelles. Il reste long jusqu'à la fin du second empire, puis raccourcit progressivement jusqu'en 1914, date à laquelle il n'est plus qu'une petite culotte droite.

Le pantalon de l'artisane se différencie de celui de la paysanne par plus de recherche dans les broderies et la finesse des tissus. Les volants de ce pantalon sont bordés d'une dentelle étroite aux fuseaux, posée sous un entre-deux de broderie Madère. De fines baigneuses résorbent l'ampleur du bas des jambes et son encadrés par deux motifs en broderie anglaise. Sans couture sur les côtés, il est ouvert dans le dos où deux attaches coulissés s'y nouent. Deux pinces piquées sur le devant et deux pinces libres donnent la forme aux devants de ce pantalon.

 

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Les derniers jours du pantalon

En 1866, "La Mode illustrée" donne à ses lectrices un modèle inédit de chemise-pantalon. Après la guerre de 1870, le pantalon prit une place officille dans les trousseaux. Dans les premières années du XX° siècle une série de cartes postales (osées, voire grivoises) consacrées aux différentes catégories de pantalons fut publiés et les grands magasins et leurs cataloguesnen proposait un grand choix. L'engouement pour cette pièce de vêtement subsistera jusqu'en 1914.

Avec l'adoption du soutien gorge, à la place du corset, le pantalon se réduisit de plus en plus. En 1929, même au Music-Hall, la vogue du pantalon était oublié...

 

Le jupon dans le costume provençal

En Provence, le jupon accompagne toujours la robe. L'usage était d'en porter deux ou trois en commençant par un jupon de basin et en terminant avec le jupon blanc orné d'un volant de broderies, entre-deux de dentelles.

L'hiver les jupons sont en piqués blancs plus ou moins épais et terminés par un feston, en finette ou piqués à la main (matelassés). Ils seront alors composés de 3 panneaux de 68 cm de large ( 204 cm). A la taille, après un rentré de 10 cm, les panneaux seront montés froncés sous une ceinture. Plate et en pointe sur le lé de devant, elle forme coulisse sur les deux autres, une couture étant placée au milieu du dos. Le bas du jupon se termine par un large feston à dents de rose. 

 

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En coton blanc, un jupon peut être composé de 4 panneaux. Devant, l'ampleur est resserrée par une ceinture en pointe. Une coulisse au dos permet d'ajuster le jupon terminé par un simple ourlet. Un volant de 30 X 281 cm bordé d'un feston est disposé sous deux baigneuses. Il peut aussi être composé de 5 panneaux;

Le jupon de paysanne peut être en basin rayé rouge et blanc, bleu et blanc, en flanelle rouge orné de broderies noires. Il se compose d'une partie droite froncée sous une ceinture plate devant et une coulisse à l'arrière et d'un volant plein biais terminé par trois baigneuses de 1,5 cm et un feston noir.

 

 

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